Un Etat sans les moyens de changer se prive des moyens de se conserver.

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L'art ne peut jamais donner les règles qui constituent un art.
Il y a, néanmoins, une limite passé laquelle la longanimité cesse d'être une vertu.
Nous ne sommes pas les adeptes de Rousseau, ni les disciples de Voltaire ; Helvétius n'a pas fait fortune parmi nous ; des athées ne sont pas nos prédicateurs, ni des fous nos législateurs. Nous savons que nous n'avons pas fait de découvertes, et nous croyons qu'il n'y a pas de découvertes à faire en moralité, ni beaucoup plus dans les grands principes de gouvernement, ni dans les idées sur la liberté qui, longtemps avant que nous fussions au monde, étaient aussi bien connus qu'ils le seront lorsque la terre aura recouvert d'humus notre présomption, et que la tombe silencieuse aura appesanti sa loi sur notre babil inconsidéré.
Un homme qu'une bienveillance toute spéculative inspire chaudement peut désirer que la société dans laquelle il est né soit autrement constituée qu'il ne l'a trouvée. Mais un bon patriote et un vrai politique considérera toujours quel est le meilleur parti que l'on puisse tirer des matériaux existants dans sa Patrie. Penchant à conserver, talent d'améliorer, voilà les deux qualités réunies qui me feraient juger de la bonté d'un homme d'État. Toute autre chose est vulgaire dans l'invention et périlleuse dans l'exécution.
Un Etat qui n'a pas les moyens d'effectuer des changements n'a pas les moyens de se maintenir.
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